Tiré du roman graphique « Chronique d’une lutte », Atelier Architecture in a World on Fire – 2024/2025
Tiré du roman graphique « Chronique d’une lutte », Atelier Architecture in a World on Fire – 2024/2025.
Tiré du roman graphique « Chronique d’une lutte », Atelier Architecture in a World on Fire – 2024/2025.

NE PLUS BÂTIR, C’EST PROBABLEMENT SE REMETTRE À FAIRE DE L’ARCHITECTURE

Xavier Wrona est architecte et maître de conférence à l’école nationale supérieure d’architecture de Saint-Étienne où il codirige l’enseignement de projet et le média Architecture in a World on Fire. Il est cofondateur de l’association Après la révolution qui étudie l’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti, sujet sur lequel il a rédigé une thèse sous la direction de Pierre Caye. Il a créé l’agence Est-ce ainsi (2006-2017) (★★★)

L’ARCHITECTURE ET LA PRODUCTION DE BÂTI SONT DEUX CHOSES DISTINCTES

L’idée semble aller de soi que les architectes font des bâtiments et que produire du bâti serait ce qui définit l’architecture. C’est faux. Depuis deux mille ans, en Europe, les architectes ont produit une grande diversité d’objets, comme en atteste nombre de leurs écrits. Vitruve a rédigé des traités sur l’univers, l’hydraulique et les machines. Alberti a écrit à la Renaissance des traités sur l’art de bâtir, la peinture et la sculpture, très connus des architectes, mais également des traités tout aussi importants dans les domaines de l’économie, de la grammaire, des mathématiques, de la cryptographie ou encore sur l’art d’élever les chevaux — ce que l’histoire de l’architecture a laissé de côté1. Palladio a œuvré à transformer l’art de la guerre face au développement de l’artillerie. Vauban a créé l’un des premiers impôts sur le revenu pour mettre un terme aux famines du très guerrier Louis XIV. Il a aussi proposé la mise en œuvre d’un immense système de canaux pour répartir équitablement les richesses sur l’ensemble du territoire français. Viollet-le-Duc a rédigé un mémoire sur la défense de Paris face aux Prussiens2 ainsi qu’un traité sur le massif des Alpes dans lequel il explique que la terre est une architecture, précisant à ce propos : « Il est des œuvres d’architecture qui ne peuvent être considérées comme des constructions et il est certaines constructions qu’on ne saurait mettre au nombre des œuvres d’architecture3. »

Le Corbusier a créé un système de mesure pour mettre un terme à la dissociation entre les systèmes métrique et pieds-pouce, les Alliés ayant, selon lui, failli perdre la guerre parce que les cartouches françaises ne rentraient pas dans les fusils anglais. La liste des propositions faites par les architectes dans des domaines d’une immense variété est infinie. Au moment de la création du diplôme d’architecte, Le Corbusier encore, écrivait à propos de cette pluralité : « Où est l’architecture ? Dans tout ! […] tout ce que nos mains touchent ou que nos yeux observent, de ce monde neuf de matières et d’organismes fonctionnels […] Donnerons-nous, exigerons-nous des diplômes pour toutes ces activités qui ont le droit de se référer à l’architecture ?4 ».

ÉTAT DE L’ART

Ce que l’on constate en lisant aujourd’hui l’ensemble de cette littérature, c’est que s’il a existé dans l’histoire une chose capable de définir l’architecture, ce n’est clairement pas la production de bâti. Ce qui la fonde, c’est la tentative de protéger les institutions humaines face aux dangers que sont la guerre, la famine, la maladie ou les catastrophes naturelles. L’architecture naît pour faire face à ce que l’Antiquité nommait fortuna5, c’est-à-dire afin de protéger la vie face à l’incertitude du lendemain, et elle a fonctionné ainsi jusqu’à la seconde guerre mondiale. Mais, alors que nous avons confondu l’architecture avec la production de bâti pendant un demi-siècle, voilà que la fortuna est de retour… en grande pompe. L’ensemble des établissements humains est à nouveau menacé par les nombreux périls de la guerre, de l’écocide et de la montée des autoritarismes.

Dans cette situation, le savoir de l’architecture se trouve face à une double difficulté. Premièrement, parce qu’il a coupé tout lien avec ce qui ne relève pas du bâti. Cette scission s’incarne dans la loi puisque la notion de « permis de construire » apparaît dès le premier article de la loi sur l’architecture de 19776, confinant implacablement tout acte architectural à la « production de l’espace ». Les architectes souhaitant ne pas participer à celle-ci n’ont tout simplement pas le droit de se dire tels, sous peine de poursuites7. La deuxième difficulté est que ladite production de l’espace, à laquelle nous sommes aujourd’hui assigné·es en tant qu’architectes, est largement responsable de l’écocide généralisé en cours. Cette difficulté est une contradiction insurmontable pour l’architecture car elle nous impose de prendre part à une activité niant sa vocation première de protection de la vie. À celleux qui n’auraient pas pris en compte l’ampleur biblique des problèmes liés à la production de bâti, rappelons par exemple qu’aux États-Unis, les opérations immobilières sont responsables de 39 % de l’ensemble de l’énergie consommée ; un chiffre estimé à environ 48 % si l’on inclut la consommation d’énergie utilisée pour extraire, raffiner, transformer, transporter et fabriquer les matériaux employés dans les constructions8. Fait notable, plusieurs estimations convergent pour annoncer que la quantité totale de bâti héritée depuis l’aube des temps jusqu’à aujourd’hui va être doublée d’ici à 20609.

NE PAS BÂTIR CE N’EST PAS NE RIEN FAIRE

Que faire du savoir architectural dans une telle situation ? Suffirait-il de transformer les écoles d’architecture en école de soin et de transformation du bâti existant ? Se restreindre à cette tâche serait nous priver d’immenses potentialités du savoir architectural car ne plus bâtir est un projet bien plus vaste et fécond de mondes que l’unique et nécessaire tâche d’apport de soin au déjà-là. Ne plus bâtir, c’est même bien souvent redécouvrir la possibilité de faire de l’architecture tout court. Mais pour renouer avec l’immense tradition de production de projets pénétrant la totalité des modes d’existence du réel, il nous faut nous laver les yeux de nombreuses fausses évidences et questionner l’architecture dans ses fondements. Il est en effet bien difficile de définir l’architecture lorsqu’on ne la limite pas au bâti10.

Que devrait-on alors apprendre dans les écoles d’architecture aujourd’hui ? Que l’architecture est un art d’organisation des parties composant la réalité en vue de protéger la vie. Qu’elle peut s’exercer par tous les moyens nécessaires, que ce soit par le bâti, l’économie, la transformation de l’appareil productif, la grammaire, etc. On pourrait peut-être repartir de la définition de l’architecture donnée par Alberti qui écrivait « j’accorderais le statut d’architecte à celui qui saura, par une méthode précise et des voies admirables, aussi bien concevoir mentalement que réaliser tout ce qui, par le déplacement des masses, par la liaison et par l’assemblage des corps, se prêtera le mieux aux plus nobles usages des hommes.11 » Élargissant le terme vieilli d’« homme » au vivant dans son ensemble, nous pourrions faire des écoles d’architectures des institutions de la nature qui se défend.

À l’école d’architecture de Saint-Étienne, dans l’atelier et le média Architecture in a World on Fire, nous 12avons mis en œuvre quelques hypothèses pour construire une réorientation des ENSA vers un au-delà de la production de bâti, afin d’emmener le savoir architectural vers ces nombreux endroits où nous avons collectivement immensément besoin d’idées, d’intelligence et de capacité à faire projet. Je présenterai ici trois de ces hypothèses.

SOUTENIR DES LUTTES CONTRE DES PROJETS ÉCOCIDAIRES, C’EST FAIRE DE L’ARCHITECTURE

Un premier travail part du principe que pour mettre les écoles d’architecture au service de la nature qui se défend, il nous faut premièrement identifier les ennemis du vivant et, ensuite, apprendre à les combattre. Identifier les ennemis du vivant n’est pas toujours chose simple car les « criminel·les climatiques13 » disposent de moyens quasi illimités pour être difficiles à identifier, tant juridiquement que spatialement, mais aussi pour se soustraire aux lois, peser sur leur rédaction, « verdir » leur activité… Pour ce faire, la stratégie retenue a été d’aller à la rencontre de luttes existantes. Des collectifs en lutte nous ont aidé à comprendre les problèmes majeurs posés par les projets écocidaires contre lesquels ils sont engagés et à en identifier leurs auteur·ices. C’est ainsi que nous avons rencontré la CGT de la raffinerie TotalEnergies de Grandpuits en Seine-et-Marne et leur porte-parole Adrien Cornet, qui nous ont raconté leur lutte contre le greenwashing du groupe. C’est ainsi que nous avons rencontré les collectifs stop mines 03 et Préservons la forêt des colettes, en lutte contre le projet de mine de lithium d’Imerys à Échassières dans l’Allier.

Combattre les ennemis du vivant consiste à réapprendre à nous défendre en redécouvrant cette immense part du savoir architectural qu’est l’art de la guerre. De l’Antiquité jusqu’au 20ᵉ siècle, celui-ci a été utilisé comme un savoir tactique et stratégique capable de se saisir d’objets dynamiques, tels que les machines ou les soldats dans l’espace, et non plus seulement des objets statiques que sont les bâtiments. Cet art est aussi capable de mobiliser des objets immatériels tels que le droit, la psychologie ou l’information, comme le montrent aujourd’hui les travaux du collectif Forensic Architecture qui en constitue une convaincante actualisation.14 Réactiver cette part fondamentale du savoir architectural est un moyen précieux pour reconstruire cette nécessaire capacité d’autodéfense des populations puisque des millions de vies sont aujourd’hui sciemment mises en péril15. Il nous permettrait aussi de ne pas laisser seuls ces corps mobilisés dans les luttes écologiques face aux déferlements de violence étatique, dans un conflit d’une immense asymétrie16. Réexaminer l’art de la guerre, ce serait enfin redonner son sens premier au savoir architectural car faire des écoles d’architecture des institutions de la nature qui se défend mettrait un terme à notre participation massive à l’écocide pour revenir à la fonction première qui a vu naître notre savoir comme protection de la vie.

Abriter les luttes dans les ENSA est une première bataille à mener au sein d’une guerre d’occupation qui a commencé depuis des décennies avec l’immense entreprise d’entrisme des criminel·les climatiques au sein des universités. Elle sera rude car nous avons récemment vu l’ampleur de leur avance quand, pour deux petits millions d’euros, une prestigieuse institution d’enseignement datant du 16ᵉ siècle a concédé ne plus pouvoir « porter atteinte à l’image » de TotalEnergies17.

RENDRE VISIBLE ET COMPRÉHENSIBLE L’ÉTAT DU MONDE, C’EST PRODUIRE DE L’ARCHITECTURE

Rien ne laisse voir l’ensemble qu’il forme18 explique la juriste Amina Hassani à propos des stratégies illisibles d’affaiblissement du droit international menées par des intérêts privés. Les étudiant·es se sont alors employé·es à représenter les systèmes juridiques, économiques, techniques et mêmes politiques de TotalEnergies comme du projet de mine de lithium d’Imerys. Il faut considérer que ces portraits sont des architectures à part entière. Il a fallu les concevoir à plusieurs titres : en analysant une immense quantité de données, en les hiérarchisant, en les triant. Il a fallu en comprendre la mécanique, les articulations parfois masquées. Il a fallu concevoir une architecture capable de montrer la dimension systémique du fonctionnement des corps étudiés et concevoir une stratégie narrative permettant de la raconter. L’intelligence architecturale mobilisée est une alternative aux logiciels utilisés en économie pour représenter des réseaux. Elle en donne une autre compréhension. En documentant ces systèmes de relations, les étudiant·es présentent une image compréhensible d’un tout qui s’emploie ardemment à échapper à sa représentation. Là où ne pas être visible permettait quasiment de ne pas exister médiatiquement, juridiquement et jusque dans les imaginaires, cette mise en évidence des relations existantes est une réalisation. Nous la jugeons d’utilité publique.

SORTIR LE SAVOIR ARCHITECTURAL DE SA DÉPENDANCE AU BÂTI, C’EST LE REMETTRE AU CŒUR DES ENJEUX DÉCISIFS DE NOTRE TEMPS

Dans la lutte des savoirs, deux disciplines ont aujourd’hui acquis des positions hégémoniques : le savoir dit de l’économie et le savoir dit de l’ingénierie. Combien de gouvernements dans le monde voient leur politique générale dictée par les agences de notation, sous le prétexte aujourd’hui fortement contesté que l’économie serait une science apolitique ? La production de bâti elle-même a bien souvent pour fonction première d’être une opération financière plus qu’un objet ayant pour fonction d’abriter des individus19. Parallèlement à cela, on peut aisément constater qu’il n’est pas de secteur de nos sociétés dans lequel l’ingénierie n’occupe aujourd’hui une position dominante, de la médecine à l’agronomie, en passant par l’informatique, l’automobile ou les biotechnologies. L’ironie veut qu’aucun de ces savoirs n’avait initialement pour vocation de prendre en charge des hyperobjets20 tels que l’ordre économique mondial, la production de matières premières ou la transformation des systèmes éducatifs. L’économie antique se limitait à la sphère de la famille et l’ingénierie s’occupait des ponts et des chaussées21. Nous sommes aujourd’hui dans cette situation ubuesque où le savoir architectural qui, à l’inverse, avait pour fonction de penser l’articulation de l’humain au monde comme totalité, en se saisissant d’objets tels que l’univers, l’économie générale d’une nation ou de la guerre, est aujourd’hui cantonné à la production de bâti.

Nous devons mettre un terme à la stratégie de l’Ordre des architectes ayant restreint le savoir architectural au bâti. C’est la seule manière de sortir l’architecture du mouroir dans lequel elle s’est mise et de reprendre prise avec les problèmes majeurs du monde. Cela nous permettra aussi d’intéresser d’autres franges du corps social que les seul·es architectes. C’est ce qu’ont fait les étudiant·es en proposant des projets de transformation de l’appareil productif, à Grandpuits, en développant des outils de planification écologique pour les travailleur·ses. Ce faisant, iels ont initié un recoupement du savoir architectural avec le savoir de la planification, appliqué ici à l’écologie. Iels ont ainsi imaginé l’un des rares exemples de planification bottom up à l’inverse des planifications étatiques verticales du 20ᵉ siècle. À Échassières, iels ont, par exemple, proposé une liste de conditions de faisabilité pour qu’un tel projet de mine de lithium soit acceptable, pour qu’il soit véritablement écologique, respectueux des processus démocratiques et socialement utile. Ces conditions sont très loin d’être respectées par l’actuel projet. Leur mise en évidence a aussi pour objectif de générer des prises de conscience de la part des habitant·es du territoire et d’élargir la base de populations mobilisées contre ce projet. Avant les travaux menés ces deux dernières années, aucune de nos interlocuteur·ices n’avait jamais eu de rapports avec des architectes. Iels se déclarent aujourd’hui concerné·es et intéressé·es par l’architecture, en tant qu’elle s’intéresse aux problèmes majeurs de leur réalité.

Tiré du roman graphique « Chronique d’une lutte », Atelier Architecture in a World on Fire – 2024/2025
Tiré du roman graphique « Chronique d’une lutte », Atelier Architecture in a World on Fire – 2024/2025.
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  1. L’histoire de l’architecture est une discipline qui naît tardivement, au 19ᵉ siècle. Elle a dès son origine laissé de côté la dimension plurielle de l’architecture telle qu’elle existe dès l’Antiquité chez les architectes. Écrite par des historien·nes de l’art et non pas par des architectes, elle s’est structurée en se focalisant sur les aspects picturaux et sculpturaux de la production de bâti. Les historien·nes de l’art y voyaient une somme des arts. Les discours des architectes sont très différents. ↩︎
  2. Les immenses travaux d’histoire de l’architecture compilés par Viollet-le-Duc s’étendent du vêtement au bâtiment, en passant par les bijoux et les meubles. Ils couvrent la totalité de la culture matérielle du Moyen-âge. ↩︎
  3. Cité dans Viollet-le-Duc, Eugène. 1978. L’architecture raisonnée, extrait du dictionnaire de l’architecture française, réuni et présenté par Hubert Damisch. Hermann, p. 39. ↩︎
  4. Le Corbusier. 1937. Quand les cathédrales étaient blanches. Plon, pp. 174-175. ↩︎
  5. Sur cette question, lire la postface rédigée par Pierre Caye dans Alberti, Leon Battista. 2004. L’art d’édifier. (1ʳᵉ parution en 1452). Édition du Seuil traduit et annotée par Pierre Caye et Françoise Choay, p. 529. ↩︎
  6. « La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d’intérêt public. Les autorités habilitées à délivrer le permis de construire ainsi que les autorisations de lotir s’assurent, au cours de l’instruction des demandes, du respect de cet intérêt. » Article 1 de la Loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture [en ligne] Disponible à l’adresse www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006068580/2011-04-18/ (consulté le 17 mars 2026). ↩︎
  7. Sur ce sujet voir les péripéties de Patrick Bouchain face à l’Ordre des architectes racontées dans l’entretien du média Architecture in a World on Fire [en ligne], disponible à l’adresse : www.youtube.com/watch?v=IcAfESch8D0&t=1682s (consulté le 17 mars 2026). ↩︎
  8. Voir Architecture’s Carbon Problem, [en ligne] accessible sur blueprintforbetter.org/ (consulté le 13 août 2023). ↩︎
  9. L’Ordre des architectes des États-Unis estime que cela revient à construire l’équivalent de New York tous les 34 jours durant 35 ans. Sur l’ensemble des désordres liés à la production de bâti, lire Hobson, Léa. 2025. Désarmer le béton. Ré-habiter la terre, Éditions La Découverte, ou encore Malterre-Barthes, Charlotte. 2025. A Moratorium on New Construction. Sternberg Press. ↩︎
  10. J’ai consacré une thèse à cette question, soutenue en 2022 et intitulée, Architecture et savoir ; Une économie générale du savoir architectural par-delà la production de bâti de Vitruve à nos jours, [en ligne] accessible sur theses.hal.science/tel-04347699v1, (consulté le 17 mars 2026). ↩︎
  11. Alberti, Leon Battista. 2004, Op. cit. p. 48. ↩︎
  12. Architecture in World on Fire est porté par un collectif informel articulant enseignant·es, doctorant·es et étudiant·es parmi lesquels Manuel Bello Marcano, Matthias Brissonnaud, Anselme Cattiau, Inès Gille Rodriguez, Chloé Patural, Malo Silvani, Julieta Londono Zapata. ↩︎
  13. L’expression est de Correia, Mickaël. 2022. Criminels climatiques. Enquête sur les multinationales qui brûlent notre planète, Éditions La Découverte. ↩︎
  14. Sur ce sujet lire Weizman, Eyal. 2021. La vérité en ruines, (1ʳᵉ parution en 2011). Éditions La Découverte. ↩︎
  15. Elsa Dorlin a montré combien « la possibilité même de se défendre est le privilège exclusif d’une minorité dominante ». Dans un ouvrage majeur intitulé Se défendre, paru aux Éditions La Découverte en 2017, elle expose comment les sociétés contemporaines ont créé des peuples sans défense. ↩︎
  16. Les événements autour des méga-bassines à Sainte-Soline restent probablement en France la démonstration la plus claire de cette politique étatique dans le champ écologique, bien qu’elle soit beaucoup plus diffuse. ↩︎
  17. Contre 2 millions d’euros, le Collège de France n’a plus le droit de « porter atteinte à l’image » de TotalEnergies [en ligne]. Disponible à l’adresse reporterre.net/Contre-2-millions-d-euros-le-College-de-France-n-a-plus-le-droit-de-porter-atteinte-a-l (consulté le 17 mars 2026). ↩︎
  18. Hassani, Amina. 2015. La justice du capital, La Fabrique Éditions, p. 8. ↩︎
  19. Sur ce sujet se référer aux travaux de David Harvey sur le capital fixe. Harvey, David. 2020, Les limites du capital. (1982). Amsterdam. ↩︎
  20. Sur ce sujet voir Morton, Timothy. 2018, Hyperobjets, philosophie et écologie après la fin du monde, IT éditions. ↩︎
  21. Pour un exemple d’économie antique voir Xénophon. 1993. Économique. (1ʳᵉ parution circa -380 – 360). Les Belles Lettres. Concernant l’apparition du corps des ingénieurs en France voir Picon, Antoine. 1988, Architectes et ingénieurs au siècle des Lumières, Éditions Parenthèses. ↩︎